Nom : Shibasaki Kou
Date de naissance : 05 août 1981
Lieu de naissance : Tokyo
Signe Astrologique : Lion
Groupe Sanguin : B
Taille : 160cm
Loisirs : karaoke, cuisine, faire le ménage
Spécialités : volley
ball, ping-pong, billard
Films préférés : Leon, Dancer in the dark
Animaux : 2 chats
Plats préférés : Natto (frît, au curry, en omelette... c'est une droguée du natto), nouilles, ketchup
Boisson préférée : thé japonais et shochu
Parfums préférés : Aqua nova her et Contradiction (CK)
Musique préférée : Kemuri et tout ce qui est "hardcore" en général
Acteurs préférés : Gary Oldman, Jean Reno et Audrey Hepburn
Signe particulier : très myope (0.1 ou moins)
Site officiel : http://www.stardust.co.jp/rooms/kou/

 

Les actrices qui se lancent dans la chanson au Japon sont foison, cela donne autant de choses dont la musique se passerait bien (Kyokô Fukada, Aya Ueto, etc.) que de très bonne surprises (Mika Nakashima pour ne citer qu'elle).
Bien heureusement pour nos oreilles Kou Shibasaki se classe dans la deuxième catégorie, et sans pour autant avoir une voix extraordinaire elle peut se vanter d'avoir réussi dans ce domaine.

Comme beaucoup d'idol Kou a commencé jeune, vers ses 14 ans. Et contrairement à beaucoup d'entre elles, elle a soigneusement évité le piège des photobooks aux poses suggestives et autres joyeusetés pour pervers en mal de sensations, se contentant de publicités. Mais avant de se lancer dans le métier la jeune Kou a choisi un nom de scène, probablement pour préserver son intimité mais surtout pour paraître plus "moderne" (mieux vaut être prévoyant). Elle remplace donc le très classique Yamamura Yukie par le nom de l'héroïne de son shôjo manga préféré, "Golden Delicious Apple Sherbet" de Junko Kawakami (prépublié en 1995). Elle modifie et simplifie alors le nom du personnage, qui passe de Shibazaki Kou à Shibasaki Kou (une simple histoire d'idéogrammes en réalité). Ceci fait, elle se lance à l'assaut de sa passion première : jouer la comédie.

C'est en 1999 que commence à se concrétiser ses ambitions avec des débuts discrets dans une émission télévisés de TBS (Club 6), et une multitude de petites apparitions dans des dorama pour quelques scènes ou mêmes parfois seulement quelques plans (cf. Tokyo Riders)...
Il lui arrive pourtant de jouer des personnages récurrents comme dans LxIxVxE (TBS) auprès d'Eriko, d'Hitoe (SPEED) et de Fujiwara Tatsuya qu'elle recroisera sur les plateaux de Battle Royale quelques années plus tard ; ou bien encore dans la mini-série Kowai Dou wa. Multipliants les figurations dans des séries de seconde zone, ce qui est déjà une chance qu'on on sait la concurrence qu'il y a dans ce milieu, Shibasaki n'abandonne pas. Après tout, tous les rôles sont bons à prendre et elle n'a heureusement jamais eu à faire de séries plus ou moins dénudés, ni de films X pour survivre.

Après plus d'un an d'apparitions dans des séries plus ou moins insipides on aurait pu croire que sa carrière ne décollerait pas avant encore quelques années voire qu'elle serait condamnée à montrer ses fesses pour réussir. Mais ce fût sans compter sur des rencontres, des coups de coeur et surtout sur son talent.
2000 est une année charnière pour Kou qui, a 19 ans et après un film d'auteur au budget ridicule (Tokyo Baby Trash), va tomber sur LE rôle parfait dans LE film de qui fera parler d'elle pour longtemps. Film qui est d'ailleurs le seul que nous aillons eu la chance de voir sortir en France : Battle Royale. Pour beaucoup, le nom Kou Shibasaki n'évoque en effet que le premier opus de BR et l'un de ses personnages les plus charismatiques, Mitsuko Sôma, psychopathe armée d'une faucille qui massacre ses camarades sans pitié aucune pour ne plus être dans le camp des perdants.
Dès lors comment se débarrasser de l'image que donne de vous un rôle si marquant ? Même de grands acteurs ont du mal à se dépêtrer de certains personnages et on a bien sûr dû lui proposer des rôles similaires, mais elle n'a pas commis l'erreur d'accepter. Et elle ne s'y est pas trompée, car le plus fascinant chez elle, si ce n'est sa beauté, est son incroyable capacité d'adaptation et de transformation d'un rôle à un autre, jamais plus nous ne reverrons Mitsuko, mais elle sera tour à tour Kyoko, Sakurai, RUI, Ayumi et bien d'autres… Il peut sembler évident de demander ça à un acteur, mais force nous est de constater que peu y arrivent réellement.

Les films et séries télévisés suivant Battle Royale semblent bien fades (prenons pour exemple Kakashi, film d'horreur peu original, qui s'est contenté de suivre la vague lançée par Ring). Mais là encore la chance a oeuvré dans l'interêt de Kou. En effet, la légende veut que Isao Yukisada l'ait choisi par hasard, uniquement après l'avoir vu marcher dans la rue, pour jouer dans GO, film primé maintes et maintes fois. Mise sous les projecteurs grâce à BR, elle acquiert reconnaissance et récompenses avec cette histoire d'amour sur fond de xénophobie (recueillant entre autre les prix de Meilleure actrice et Meilleure nouvelle actrice aux 25ème Japan Academy Award) tandis que son partenaire Kobuzuka est déifié. Toutefois, elle ne prend pas la grosse tête et continue les rôles télévisés et les publicités (il faut bien manger!), alors qu'une version plus longue de Battle Royale ressort en salle.

Après des rôles importants dans quelques drama a succès, comme Sora kara furu ichi oku no hoshi avec Kimura Takuya ou encore Yume no California avec Tsuyoshi Dômoto, elle fait l'affiche de plusieurs films. Entre DRIVE et Kewaishi où elle n'apparaît que dans quelques scènes et son personnage de sourde-muette traumatisée dans Soundtrack, mythique film expérimental et trip gothique halluciné de (et avec) Sugizo, on ne peut pas dire qu'elle obtienne des rôles à texte, mais il est clair qu'elle chercher à les diversifier.
Suivant cette idée de diversification, elle sort un single en juillet 2002, déclarant avoir voulu faire de la chanson depuis déjà quelques temps.Trust my feelings est un premier essai peu concluant (2 semaines dans les charts à la 50ème place) mais nous prouve que Shibasaki sait chanter, et que sa voix est loin d'être dégueulasse, d'autant qu'elle n'a aucune difficulté en live (Aya Ueto doit être jalouse...).

Alors une fois encore, Kou n'abandonne pas, et c'est à peine quelques mois plus tard qu'elle gagnera une réelle reconnaissance en tant que chanteuse grâce à... un film. Yomigaeri est l'un des plus grands succès cinématographique de 2003, et la production a l'idée louable de sortir en single les chansons de RUI, chanteuse mystérieuse incarnée par Kou (remercions pour une fois le fameux merchandising japonais). C'est une réussite totale, RUI squatte les classements plus de 50 semaines avec sa ballade pleine d'émotion et de nostalgie, Tsuki no shizuku, et finira même 5ème meilleure vente de 2003.

La consécration viendra pourtant par où Kou a débuté : la télévision. Et en jouant le premier rôle féminin de GOODLUCK!!, l'un des drama les plus populaires de l'année, auprès du "dieu" KimuTaku sa cote de popularité explose littéralement. Son personnage de mécanicienne au mauvais caractère a tout pour séduire et encore une fois elle l'interprète avec justesse, sans trop en faire.
Ses deux singles suivant font forcément de moins bonnes ventes que Tsuki no shizuku, mais Omoide dake de wa tsurasugiru sert tout de même de générique à une série dans laquelle elle tient un second rôle, Dr. Kotou shinryoujo.

La grande déception de l'année reste tout de même l'occasion qu'elle manque de jouer la soeur de Gogo Yubari dans Kill Bill vol.2. Le grand Tarantino a en effet eu un coup de foudre pour elle en regardant Battle Royale, et a nettement fait sentir cette préférence dans toutes les interviews qu'il a donné à ce propos. Mais il semblerait que totalement overbookée par sa carrière télévisuelle et musicale Shibasaki ait refusé une chance de se faire connaître internationalement. Qu'importe, d'autres occasions se feront sûrement.

2004 est bien partie pour Kou, qui après le magnifique Itsuka no sora et un album qui s'est hissé sans difficulté à la deuxième place des charts fait encore parler d'elle avec un rôle de sourde-muette (encore!) au caractère bien trempé dans un drama sentimental de TBS, Orange Days, extrêmement bien fait et déjà très populaire.
Malgré cette actualité chargée elle ne délaisse absolument pas le cinéma et figure dans le dernier film d'horreur de Takashi Miike, Chakushi ari ; film dans la droite lignée de Ring qui contraste avec Sekai no chuuchin de ai wai sakebu, love story sortie début mai qui rencontre un grand succès en salle.

Mais qu'est-ce qui arrêtera Kou dans son ascension au sommet ? Icône glamour faisant la couverture d'une multitude des magazines, égérie de grandes marques (Sony, Fasio, Epson, etc.), actrice accomplie au curriculum exemplaire, au succès et à la beauté fascinante, Kou n'a aucun souci à se faire quand à son avenir. Reste à savoir si elle poussera son expérience musicale jusqu'à faire une tournée, et ça, on ne peut que l'espérer.

 

Aude Boyer
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Article publié dans Kogaru #10.